Les chiffres clés de l’installation en libéral : cabinet de groupe ou MSP ?

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Êtes-vous plutôt cabinet de groupe ou MSP?

C’est un fait maintenant préparé par différentes études : les médecins libéraux tendent à délaisser les cabinets individuels pour exercer en groupe. Différentes options s’offrent à eux, dont une plus médiatisée que les autres. Vous avez sans doute reconnue : la maison de santé pluriprofessionnelle (MSP).

Ne restez plus dans votre coin, l’heure est à l’exercice en groupe!

installation en libéral

En 2017, le secteur de la médecine de ville comptait notamment:

  • 48 700 cabinets d’infirmiers (un chiffre stable par rapport à l’horizon 2015);
  • 37 000 entreprises masseurs-kiné (contre 34 100 en 2015);
  • 36 500 cabinets de médecins (contre 37 018 en 2015 et 32 181 en 2006);
  • 36 100 cabinets de chirurgiens-dentistes (chiffre stable par rapport à 2015; 18 983 en 2006);
  • 12 467 cabinets de pédicures-podologues (contre 12 614 en 2015);
  • 3 811 cabinets de sages-femmes (contre 2 700 d’ici à 2015)*.

Médecins et auxiliaires médicaux sont de plus en plus nombreux à se tourner vers l’exercice en groupe. En particulier les médecins spécialistes et les chirurgiens-dentistes qui peuvent ainsi partager certains coûts  (le secrétariat médical par exemple) et de fusionner leurs investissements dans les équipements médicaux de plus en plus coûteux.

En ce qui concerne les généralistes, plus de la moitié d’entre eux ont maintenant opté pour ce mode d’installation en libéral (ils étaient un peu moins de 30% au début des années 1980 et 43% en 2001**). Une organisation qui séduit notamment les plus jeunes médecins, l’étude des conditions de travail plus flexibles : deux tiers des moins de 40 ans exercent sous cette forme, contre moins de 50% des 60 ans ou plus***.

* Chiffres clés de l’offre de soins, éditions 2018, 2015 et 2010, DGOS.
** Baromètre santé médecins généralistes, 2009, Inpes.
*** Portait des professionnels de santé, édition 2016, Drees.

Part des professionnels de santé installés en libéral exerçant en groupe (ou société) dans le secteur de la médecine de ville (en %)

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Note : Ces ratios sont calculés comme le nombre de professionnels libéraux exerçant en cabinet de groupe ou sous forme de société rapporté à l’effectif de l’ensemble du champ considéré ci-dessous. À noter que les remplacements sont exclus du calcul, car il n’est pas possible de déterminer la forme de la structure où ils travaillent dans Adeli et le RPPS. Champ> Ensemble des professionnels actifs libéraux travaillant en cabinet (isolé ou de groupe) ou sous la forme de la société, au 1er janvier, France entière. Sources> DREES, Adeli 2001, Adeli 2015, RPPS 2015.

Si l’exercice en groupe est plus fréquent aujourd’hui chez les médecins, l’interprofessionnalité est en revanche encore peu développée. Trois quarts des médecins généralistes travaillant dans un cabinet de groupe exerce uniquement avec d’autres médecins, contre seulement un quart qui travaillent avec d’autres professions de santé (auxiliaires médicaux). Des cabinets qui en outre, sont de petite taille : en 2009, près de la moitié d’entre eux ne comptait que deux médecins, tandis que seulement 10% a dépassé les 4 médecins.

Objectif: 2.000 MSP en 2. 022!

Les maisons de santé pluriprofessionnelles représentent aujourd’hui une proportion marginale des libéraux installés en groupe. Mais pour combien de temps encore? Car leur nombre ne cesse de progresser depuis une dizaine d’années. En 2010, la DGOS comptait 150 à 200 maisons de santé pluriprofessionnelles (mono-site ou multi-site). Sept ans plus tard, elles sont au nombre de 910.

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Source : DGOS, mars 2017.

Les autorités de santé et les ARS ont largement soutenu cette progression à travers :

  • l’expériences depuis 2008 des Nouveaux modes de rémunération (NMR), destinés à financer le travail en équipe, le partage des systèmes d’information et l’offre de nouveaux services aux patients (éducation thérapeutique);
  • la mise en place de la société interprofessionnelle de soins ambulatoires (SISA) en 2011, nouveau cadre juridique qui favorise l’exercice regroupant des professionnels de santé libéraux en MSP;
  • la «Stratégie nationale de santé» de 2013, qui a fait du développement des structures d’exercices collectifs un enjeu majeur «pour organiser la complémentarité des interventions du premier recours[…] et prendre en charge des patients nécessitant un accompagnement».

Le point fort des MSP?

Il réside à évidence dans leur dimension pluri ou interprofessionnelle. En effet, ces structures regroupent en moyenne près d’une vingtaine de professionnels de la santé :

  • 5 médecins (habituellement gps);
  • 9 paramédicaux;
  • 1 médecin-dentiste;
  • et 2 pharmaciens d’officine.****

L’engouement pour les maisons pluridisciplinaires de santé devrait donc se confirmer dans les années à venir. D’autant plus que le gouvernement a l’intention de doubler leur nombre d’ici fin de 2022! Ce volontarisme a d’ailleurs été rappelé que «la Stratégie de transformation du système de santé» annoncée en février 2018, qui évidemment, donne la priorité à l’exercice en réseaux et en structures de soins coordonnés.

Une politique est guidée par trois exigences :

  • l’amélioration de l’accès aux soins de santé dans les territoires sous-médicalisés;
  • le développement de la télémédecine en ambulatoire;
  • et la nécessaire coordination des professionnels de santé dans la prise en charge des pathologies chroniques.

Attrait des professionnels de santé pour le cabinet de groupe, il est nécessaire pour les autorités de santé de mieux organiser les soins primaires… L’exercice en groupe, quelle que soit sa forme d’organisation, a décidément le vent en poupe!

****Source : DGOS, mars 2017

 

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