Assistant médical : à quoi va ressembler ce nouveau métier ?

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Emmanuel Macron a présenté mardi sa stratégie de transformation du système de santé. Une réforme attendue par les professionnels d’un secteur à bout de souffle pour laquelle le président a pris la décision de débloquer 400 millions d’euros supplémentaires en 2019.
Comme annoncé, voici les principales mesures du plan”Ma Santé 2022″ qui sera doté au total de 3,4 milliards d’euros.

Création du métier d’assistant médical

Pour faire gagner du temps aux médecins libéraux, un nouveau métier va voir le jour, celui d’assistant médical. Ce dernier se  chargera d’assister les médecins en effectuant notamment des tâches administratives ou encore des actes simples comme une prise de sang et de température, une demande formulée de longue date par les professionnels.

Globalement, quelque 4.000 assistants médicaux seront recrutés d’ici 2022 pour un coût charges comprises de 40.000 à 50.000 euros par an et par assistant. Leur profil infirmier, aide oignant ou assistant administratif reste encore à déterminer. Emmanuel Macron a assuré que le gouvernement en financerait “autant que de besoin”. En contrepartie, les médecins libéraux devront entre autres s’engager à exercer en groupe.

Environ 400 médecins travailleurs volontaires

D’ici là et avant que les mesures du plan ne produisent leurs premiers effets, quelque 400 médecins employés, recrutés sur une base du volontariat, vont être envoyés dès 2019 sur les territoires les plus défavorisés en termes d’accès aux soins .

Si l’exécutif privilégie dans un premier temps l’option du volontariat et non de la contrainte, il n’exclut pas d’ici deux ou trois ans de prendre des mesures de corectives si les professionnels ne font pas preuve de responsabilité.

Diminution progressive de la”T2A”

Le financement des hôpitaux sera révisée, conformément à la promesse de la campagne d’Emmanuel Macron de réduire la part de la tarification à l’activité (T2A) dont les dérives conduisent à une inflation du nombre d’actes dans les hôpitaux.
Crée en 2004 dans le cadre du plan”Hôpital 2007″, cette méthode de financement rémunère les établissements en fonction de l’activité médicale qu’ils réalisent. Elle constitue quelque 63% des ressources des hôpitaux publics.
Le gouvernement souhaite que la T2A ne constitue désormais pas plus “de 50% des méthodes de financement”. Il souhaite aussi que la partie du financement et la qualité et au parcours du soins occupe une place prépondérante. Des forfaits “patient diabétique” et “patient insuffisance rénale chronique” sera généré en 2019 avant de s’étendre à d’autres pathologies à partir de 2020.
“Le bonus de qualité” pour les établissements hospitaliers sera porté de 60 millions d’euros à 300 millions d’euros dés 2019.

Communautés professionnelles de territoire de santé

Jugeant indispensable le travail en équipe, le gouvernement souhaite la fin de l’exercice isolé d’ici 2022. Ce projet se réalisera par la mise en place de communautés professionnelles de territoire de santé (CPTS). L’objectif est de déployer au moins 1.000 CPTS, un CPTS couvrant entre 20.000 et 100.000 patients sur le territoire d’ici 2022.

Ces CPTS prennent un certain nombre de missions, dont les”urgences de ville”, pour décharger les urgences hospitalières qui doivent se concentrer sur les situations vitales. Ces communautés doivent permettre aux patients de trouver un médecin d’urgence de 8h à 20 heures, sans aller à l’hôpital.

A titre d’incitation, une partie de la rémunération des médecins, celle du “forfait structure” et de la”rémunération
sur objectif de santé publique” (Rosp) sera conditionnée au fait d’adhérer à ces communautés.

Suppression du numerus clausus en 2020

Autre mesure phare, la suppression des”numerus clausus” qui depuis 1971 fixe chaque année le nombre de places disponibles en seconde année d’études de médecine. Un système de quotas qualifié de “gâchis” par le ministre de la Santé Agnès Buzyn. Il a été qualifié aussi “d’inefficace et injuste par Emmanuel Macron lors de la campagne. Cette mesure entrera en vigueur au plus tard à la rentrée scolaire 2020.

Dossier médical partagé généralisé en novembre

Dans le cadre du”virage numérique” souhaité par le gouvernement, le dossier médical partagé (DMP) sera généralisé à partir de novembre. Attendu depuis plus de 10 ans, il est déjà expérimenté dans neuf territoires.

Recentrage des hôpitaux de proximité

Les hôpitaux seront classifiés désormais en trois niveaux :

  • les hôpitaux chargés du soin de proximité (médecine générale, gériatrie, soins de suite),
  • ceux qui s’occupent de soins spécialisé comme la chirurgie ou les services de maternité,
  • et enfin les soins ultra-spécialisés dans des plateaux de la technologie de pointe.

Les hôpitaux devront désormais se concentrer sur les soins sur lesquels ils sont le plus pertinent; n’excluant pas la fermeture de certains services et leur réutilisation pour d’autres usages.”Certaines activités devront fermer à certains endroits quand certains plateaux techniques, sous-utilisés deviennent dangereux”(Emmanuel Macron).

les Objectifs de dépenses maladies assoupli

Pour accompagner ce plan, l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam), qui avait été fixé à 2,3% en 2019, va être porté à 2,5% pour accompagner la réforme du système de santé, soit une “rallonge” de 400 millions d’euros pour l’an prochain.

Projet de loi début 2019

La suppression du numerus clausus, comme d’autres mesures du plan, nécessiteront un projet de loi début 2019.

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